

RECITS ET COMMENTAIRES DES CLIENTS CASSIOPE AOUT 2008 PARAMO FULL DAY |
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Lundi 1er septembre, nous avons rendez-vous avec Kiké, guide conseillé par Sylvain.
ß Kiké, notre guide de cette journée
Tous les quatre, nous partons déjeuner dans une panaderia, et vers les 9 h, nous faisons sa connaissance : Guatémaltèque, marié avec une Vénézuelienne, il s’appelle en réalité Luis Enrigue.
Nous montons dans un très beau 4X4 Toyota et en route pour visiter les villages situés sur la Transandine, au Nord-Est de Mérida. Ce Toyota « aseptisé » (à notre goût trop luxueux et beaucoup trop d’espace…) nous fait regretter la « petite » Jeep de Sylvain (surtout après notre trip de trois jours…, la promiscuité a du bon !).
Etonné par notre remarque à l’issue de notre balade, nous pensons que
l’idéal serait que Sylvain possède les deux, en fonction des profils de ses clients.

Cette route va longer le Parc National de la Sierra Nevada : c’est la deuxième plus grande réserve naturelle du Venezuela avec ses 276 450 ha. Elle couvre 2 massifs montagneux : la Sierra Nevada de Mérida et la Sierra de Santo Domingo ; elle s'étend jusqu'aux plaines des Llanos, son altitude varie de 600 et 5 000 m, depuis la forêt tropicale jusqu’aux glaciers, tout en passant par les landes d'altitude : le páramo.
La faune et la flore sont aussi diversifiées et riches que la variété du relief : ours, pumas, jaguars, opossums, porcs-épics, aigles, condors, toucans pour les plus caractéristiques, sans oublier bien sûr le mythique frailejon que l'on trouve en abondance dans le páramo. C’est une grande plante, aux fleurs jaunes veloutées rappelant notre edelweiss et fleurissant de septembre et décembre, Sa hauteur peut atteindre 2 m, elle pousse d’un centimètre par an et vous en découvrirez ci-après quelques photos.
Mais commençons notre voyage sur cette Transandina, qui nous mènera jusqu’à une altitude de 4 000 m.
Cet immense parc appartient à la Sierra Nevada de Mérida : beaucoup d’arbres de diverses essences, de rivières avec leurs cascades, de sentiers de promenades, de petits bungalows, un terrain de camping, bref, un lieu de détente et de repos.
Kiké nous précise que c’est de ce village que partent les andinistes (les Alpinistes de nos régions ..) pour le Mont Bolivar : 6 h de marche pour atteindre Laguna Coromoto puis ascension du pic par lui-même, c’est notre « Pré de Madame Carle »….
Durant notre périple, nous serons impressionnés par la référence à la vierge de Coromoto et à Jean Paul II.
Nous montons vers le Parc National Sierra Nevada A travers le Parc National, la forêt…
TabayC’est une station thermale, célèbre par ses sources d’eaux chaudes.
Un ruisseau forme deux bassins, l'un à 25°, l'autre à 35°. Ce dernier est aménagé en piscine avec sauna et bains de boue chaude.
La proximité du Parc National, et ses eaux thermales en font une petite ville très animée.
Nous nous arrêtons sur la Place Bolivar, agréablement ombragé, avec… bien entendu une statue.…

Nous nous dirigeons vers l’église, très sobre, avec ses colonnes en marbre, où nous retrouvons la Vierge de Coromoto.
Kiké nous précise que les vénézuéliens du continent considèrent que seule cette Vierge doit être vénérée, alors ceux vivant sur l’Ile de Margarita ne font référence qu’à la Virgen del Valle.
Ils sont d’ailleurs très fiers de sa consécration par Jean-Paul II, comme en témoigne cette affiche.
Nous continuons à grimper (sans effort, … en 4 X 4) et à admirer le paysage qui s’offre à nous.
Mucurubà
est l’un des villages les plus vieux de la région andine, perché à plus de 2 400 m d’altitude. Il fut fondé en 1819 par Manuel Antonio Pacheco à l’emplacement d’une hacienda de jésuites. On peut y voir une remarquable église, dédiée à la Vierge Marie, mais cet endroit est surtout connu pour la célébration de la Patrona de Mucurubà.
Les habitants vivent essentiellement de l’agriculture ; ici, pas de grandes exploitations en raison des terrains trop morcelés et pentus, mais plutôt des plantations de subsistance.
Sur la route, nous distinguons des murets en pierre qui témoignent d’un passé préhispanique.
La route monte encore (2 983 m), il fait un peu plus frais. Le village de Mucuchies (qui signifie “le lieu des eaux”) est un haut lieu de la résistance indienne aux conquistadores ; on y voit peu de métissage.
Nous passons devant des maisons roses, bleues, jaunes, toutes dans des tons pastel qui créent une atmosphère édulcorée.
Sur la Place Bolivar, Kiké nous montre la statue de Simon Bolivar, accompagné d’un enfant indien et de son chien, appelé Névado (“Neigeux”),
Il lui a été offert au cours de l’une de ses campagnes de 1813, son maître Tinjaca l’a suivi et ilsontaccompagné le Libertador durant ses combats. L’un et l’autre lui sont restés fidèles jusqu’à leur mort, lors de la bataille de Boyaca
Entre Mucuchies et Mucurubà, ce monument, dédié à Névado, raconte son histoire.
Ce chien de montagne est un Mucuchisero, né d’un croisement entre un Saint-Bernard et un chien du pays. Nous en verrons beaucoup, même jusqu’en Grand Sabana.
ß Denise, Jacques, Kiké & Gérard sur la Place Bolivar
C’est le plus haut village vénézuélien : 3 140 m (à l’image de Saint Véran en France, dans les Alpes du Sud : Eh oui, nous n’oublions pas nos origines ….).
Nous nous arrêtons sur une route très passagère, beaucoup de monde devant une très surprenante capilla de peidra (chapelle de pierre) située en bordure de la route.
Cette construction, ainsi que la statuette de la Vierge, ont été réalisées par Juan Félix Sanchez, artiste vénéré au Venezuela comme un saint pour son humilité.
Ayant reçu la visite du Pape Jean-Paul II en 1985, reconnaissant, il a réalisé un petit buste représentant le pape.
Cette œuvre est érigée de l’autre côté de la route, face à la chapelle.
Insolite chapelle, un peu rococo, bâtie par cet artiste en 1984. Elle est devenue un lieu très visité par les vénézueliens.
Juan Félix Sanchez, décédé à l’âge de 97 ans, repose dans sa propre église.
… Et nous repartons.
De la voiture, nous apercevons les cimes des Andes coiffées de nuages avec, au premier plan, la laguna (le lac) de Mucubaji.
D’origine glacière, situé à 3 550 m, c’est le 2ème plus grand lac des Andes, le 1er étant la Laguna Santo Cristo. Cette zone a été classée pour sa beauté, mais aussi pour son immense réserve hydrographique : les lacs regorgent de truites Arc-en-ciel et les versants des collines sont couverts d’immenses champs de Frailejón.
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Paysage magnifique de la laguna de Mucubaji
Un champ de Frailejóns La naissance de la fleur, aspect duveteux et très doux
Des fleurs jaunes éclosent Le Frailejóns fleuri
Pour nos amis amoureux de la flore (n’est-ce pas Jacques… du fin fond du Gers…) : le frailejón est la plante emblématique des Andes vénézueliennes, il en existe 45 espèces différentes. Elle est constituée de longues feuilles velues très douces, couvertes d’une espèce de laine à l’image de l’Edelweiss des Alpes, laquelle la protège du soleil à son zénith et du froid à minuit.
Lors de sa floraison entre septembre et décembre, elle apporte une touche lumineuse sur le páramo. Son nom viendrait de la passion qu’un religieux (le Frère Jean - en espagnol : Fraile Jean) lui aurait témoigné. Lorsqu’elle fut découverte par les colons, ils lui donnèrent le nom du moine…
Cet endroit est superbe, mais l’air est frais et nous enfilons notre polaire.
Nous en profitons pour faire une petite promenade pour découvrir et admirer les paysages du páramo vénézuelien.
Le páramo est un paysage de lande couvrant la montagne entre 3200 et 4000 m.
Mais la marche creuse l’estomac de notre frère Jacques. Il demande à Kiké, s’il y a un restaurant dans les environs. Notre guide regarde sa montre et nous propose d’écourter notre ballade. Nous quittons avec regret cet endroit.
Ce petit village est le camp de base pour visiter les parcs nationaux de la Sierra Nevada et de la Sierra de la Culata jusqu’au Pico Pan de Azucar. De nouveau, nous nous promenons dans le páramo andin.
En arrivant, Kiké nous montre la « maison aux cent toits », mais nous continuons notre route, direction le Llano del Hato, l’institut d’astrophysique et observatoire.
Nous arrivons dans le parc national Sierra de la Culata, Kiké nous guide vers deux grandes cages où se trouvent des Condors.
En effet depuis les années 60, plus aucun condor ne volait dans le ciel vénézuelien ; importés d’Argentine, à ce jour 5 condors volent jusqu’à 10 000 m d’altitude en toute liberté.
Dans une cage, nous observons un mâle appelé “ El Combatiente” et dans la seconde, une femelle “Anicsi”. Les gardiens de l’Association pour la Protection du Condor Andin espèrent qu’ils se reproduiront… L’intention est, peut être, bonne… l’expérience pas encore concluante… aucune naissance, à cette date, n’est annoncée, et… dommage que les cages soient si petites !
Avant de repartir, Kiké nous fait goûter du calentado, apéritif à base d’alcool, d’herbes aromatiques, d’anis et de cannelle que l’on boit chaud. Ce n’est pas mauvais.
Les nuages commencent à s’accrocher au sommet (4 300 m). Sur la place, on aperçoit une tour surmontée d’un condor prenant son envol (et non pas un aigle comme l’indique le nom du lieu…).

Ce monument est dédié à Bolivar qui passa, ici, lors de sa campagne de 1813. Juste à côté… un restaurant-chalet qui réjouit les affamés, ambiance montagnard où nous mangeons un plat local.
Dehors, nous retrouvons le fameux « Mucuchisero », qui se prélasse au soleil… Je le cadre pour la photo et… très aimablement… il se lève.
Merci pour le cliché !
Kiké souhaite nous emmener très rapidement de l’autre côté du versant de la montagne pour nous montrer le paysage… mais les nuages se sont installés.
Nous faisons demi tour et redescendons dans la vallée pour se diriger vers l’Observatoire.
Perdu dans les montagnes à 3 600 mètres d’altitude, l’observatoire est desservi par une seule route.
Nous nous y arrêtons car Gérard aimerait bien le visiter… Prochaine visite dans ¾ d’heure… mais il est déjà 15 h et nous ne pouvons rester car la nuit tombe à 18 h. Dommage.
Nous redescendons dans la vallée et apercevons, au loin, de nombreuses personnes dans les champs. Kiké nous précise qu’ils récoltent des pommes de terre.
Nous redécouvrons les mêmes villages, et nous nous arrêtons à Mucuchies, car Denise voudrait acheter un souvenir.
Nous arpentons les rues du village, mais rien de précis ne semble l’attirer.

Très belle descente… La récolte de pommes de terre

Nous reprenons la route et arrivons, entre Mucuchies et Mucurubà, au monument dédié au chien Névado.
Kiké gare la Toyota et nous montons les marches… De chaque côté du monument, nous retrouvons l’histoire du chien et de son maître Tinjaca (leur rencontre avec le Libertador, leur fidélité jusqu’à la mort) comme nous l’avons indiqué précédemment (cf Mucubies). Mais les nuages commencent à envelopper les collines qui encerclent le monument… le ciel s’assombrit… nous recevons quelques gouttes de pluie.
Sous une belle averse, nous courons vers la voiture…, faisons quelques kilomètres… nouvel arrêt… pour une boutique de souvenirs, qui réjouit Denise.
Avec Gérard, nous flânons dans ce grand magasin, et demandons (à tout hasard) s’ils n’ont pas de tapis péruviens… ils en ont ! Ils nous en présentent 4 ou 5, on en retient un, négociation du prix, et nous tombons d’accord. Nous repartons avec notre tapis sous le bras en prévoyant de l’accrocher dans la cabine avant ; quant à Denise, elle a trouvé de nouveau son bonheur, un poncho andin.
Après cette journée, très intéressante culturellement, nous rejoignons Mérida sous la pluie. Vu l’heure, nous décidons d’aller directement au restaurant La Abadia. Au dernier croisement, nous apercevons Sylvain, grands signes, coups de klaxon, et nous arrivons ensemble au restaurant.
Très contents de nous revoir, nous échangeons tous ensemble nos impressions sur la journée.
Avant de dîner, Kiké souhaite nous présenter son épouse, laquelle travaille dans un autre restaurant qui leur appartient. Avec son beau-frère, tous les trois se sont reconvertis : elle, de la publicité dans la restauration, lui, de l’administration de biens au métier de guide dans sa propre agence de voyages (située à côté de la réception de La Abadia…) et le beau-frère, de l’informatique au cybercafé (situé… de l’autre côté de la réception de La Abadia)… Bref, une histoire de famille.
Tout en dégustant d’excellents mets, nous racontons à Sylvain notre excursion de la journée, tandis qu’il nous parle de ses péripéties mécaniques de la veille au soir.
Kiké, de temps en temps, fait quelques apparitions à notre table… il est encore de service, alors que l’un de ses serveurs, revêtu d’une robe de bure, nous fait, gentiment, une démonstration de style (veut-il impressionner les français…) ?
Début de la soirée… les verres se remplissent. Fin de la soirée…

les verres restent vides !
Nous quittons cette « abbaye » bien sympathique vers les 22 h 30 et regagnons à pieds l’hôtel Italia. Sylvain tient à nous raccompagner, nous bavardons un moment et nous nous quittons avec la promesse de nous revoir et de se donner des nouvelles par mail. Dernières embrassades et au lit.